EPISODE 1 : BUENOS DIAS BUENOS AIRES !

Buenos Aires, du 24/01 au 31/01/2019.

Après un long vol au dessus de l’Océan Pacifique (on a explosé notre bilan carbone le temps d’une nuit), nous arrivons en Argentine à l’instant exact où nous quittons la Nouvelle-Zélande. Haha !

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C’est parti pour une nuit passée au-dessus de l’Océan Pacifique…

Je m’explique : il y a 16 heures de décalage horaire entre les deux pays, exactement le temps que nous mettons à changer de continent. Cette expérience un peu déroutante, de remontée le temps en dormant, ne nous empêche pas d’être complètement déphasés à notre arrivée dans ce nouveau monde qui nous intimide un peu, il faut bien le dire.

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Nous ferons même halte à Santiago du Chili…On y reviendra dans quelques semaines, mais par voie terrestre….

A l’aéroport, les formalités sont rapides. Comme le fait de prendre un taxi est une source de stress pour moi, j’avais prévu le coup et réservé un taxi sur internet. Le guichet de la compagnie est facile à trouver. Nous payons en dollars, ils nous proposent de nous rendre la monnaie en pesos. François dit « oui » avant que j’ai eu le temps de dire « non ». Sur le moment je ne suis pas trop d’accord, je me dis qu’on a pas trop maîtrisé le taux de change dans l’histoire. Mais ça c’était avant que je ne comprenne vraiment la complexité du système monétaire argentin.

Toujours est-il que le taxi nous dépose dans le quartier Retiro, au cœur de la ville, sans difficulté. Je trouve quand même le moyen de déposer mon sac en plein dans une flaque de goudron bien fraîche ! C’est mon troisième sac acheté depuis le début de TDM, il était tout neuf, il était cher, je suis maudite (François ne changera pas de sac de tout le voyage, soit disant que je ne fais pas attention au matériel…).

L’arrivée dans notre auberge de jeunesse sera douloureuse pour François. Il faut dire que notre chambre n’a pas de fenêtre et que les douches sont disons très rustiques. J’ai déjà réservé pour 7 nuits, impossible d’annuler ; parfois prévoir trop à l’avance peut être contre-productif. Mais bizarrement, nous nous habituerons très vite à ces nouveaux standards sud-américain. Nous ne sommes qu’au début de nos surprises en la matière. Avec le recul, tous ces hôtels rudimentaires nous ont forgés nos souvenirs les plus croustillants. Il faut bien le dire, qu’est ce qu’on s’ennuie dans un 4 étoiles…

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Dans ce coin, il y a 3 douches… Il faut rentrer le ventre…

La déconvenue digérée,  il est déjà tard et on est affamés. On sort donc vers 20h pour chercher à manger. Et là surprise ! La rue qui était très animée une heure plus tôt est vide, très vide. Terriblement vide… Pourtant nous sommes en plein centre.

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La sécurité est une variable non négligeable à Buenos Aires. Sans devenir parano, il s’agit de rester sur ses gardes quand même…

L’urgence du moment est de trouver de l’argent liquide. Pas de souci, me dis-je, il y a des distributeurs plein la rue. Oui mais, pas si simple. On tente de retirer 100 euros pour être tranquilles, mais le distributeur ne délivre pas plus de l’équivalent de 50 euros. Et surtout, il nous prend 20% en frais bancaires, du délire ! Comme on a très faim et qu’on est très fatigués, on retire quand même de l’argent. Une vraie souffrance pour moi, car  je suis la trésorière du voyage et contrairement à des vacances traditionnelles, un Tour du Monde implique un souci constant de l’économie.

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Dès le premier soir, on s’est rendu compte qu’on venait d’atterir au pays de football. Voici un magasin spécialisé dans les stades du monde en carton… Bon c’est une collection comme un autre… Pas évident pour faire les poussières néanmoins… François a eu interdiction d’en ramener un 😉

Cette douleur financière ne m’empêche pas de déguster une immense et très bourrative pizza argentine. Ici c’est l’équivalent du kebab pour nous, il y en a à tous les coins de rues et ce n’est pas cher. Ce n’est pas très bon non plus cela dit.

On rentre à l’hôtel et en se couchant, François n’a pas, mais pas du tout le coup de cœur pour l’Argentine. Les changements de continent, c’est toujours un peu compliqué pour lui ! Je vous rassure tout cela va changer bien vite.

Demain est un autre jour. 

Le lendemain, impossible de se lever avant 14h. Nous ne le savons pas encore, mais il nous faudra une bonne semaine pour absorber le décalage horaire. Pour cette première journée, nous nous contentons de déambuler dans la quartier de notre hôtel, tout près des rues piétonnes. L’occasion de découvrir une ville bouillonnante, si différente des villes d’Océanie. Les vendeurs de rue sont légions et surtout nos pas sont rythmés par le « Cambio, Cambio ! » que répètent inlassablement les très nombreuses personnes proposant de changer la monnaie dans la rue. Pour tout vous dire, on nous a déconseillés de le faire !

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On commence à se découvrir une passion pour l’art mural… En Amérique du Sud, c’est un art de vivre…

On se sent mieux que la veille. Nous poussons donc la balade jusqu’à la Plaza de Mayo (la place de mai), célèbre pour être le lieu de rassemblement des mères de ceux qui ont disparu sous la dictature des généraux. La place est grande et très touristique. Elle vaut bien selon nous une petite visite mais une petite seulement.

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Pour votre information, cette place est le terrain de jeux préféré des pickpockets. Leur subterfuge : il vous balance un liquide blanc dans le dos. Il prétexte qu’un pigeon s’est lâché sur vous et vous propose de vous aider… Au moment où vous enlevez votre sac, un deuxième larron passe en courant et disparaît avec vos affaires. Plusieurs connaissances rencontrées en Amérique du Sud se sont fait avoir…

Nous rentrons tranquillement, en repassant par la grande rue piétonne (la Via Florida) que nous commençons à vraiment bien aimer. Nous trouvons un petit restaurant où manger pour pas trop cher et rentrons nous coucher. Sans traîner parce que la nuit tombée, il faut bien avouer qu’on se sent un peu moins à l’aise dans les rues désertes.

San Telmo, ça c’est une « place to be ».

Le dimanche, soit trois jours après notre arrivée, nous commençons à nous sentir comme des coqs en pâte dans notre première étape d’Amérique du Sud. Et notre visite dans le quartier de San Telmo, à environ une demi-heure de marche, va confirmer ce sentiment. Ça commence fort avec une petite manifestation des habitants contre la gentrification du quartier, ce n’est pas pour me déplaire. Ensuite nous prenons une rue pavée et nous retrouvons dans le marché couvert de San Telmo.

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Les manifestations en Amérique du Sud, c’est quasiment tous les jours… Il y en a pour tous les combats. On vous en parlera plus tard…

C’est sans aucun doute le moment de rendre hommage à l’amour de la nourriture des argentins. Ici les petits stands proposant des mets succulents se succèdent. Les prix sont imbattables ; effondrement du cours du « pesos argentin » oblige. On déguste des « empanadas » à tomber par terre dans la cohue d’un marché à l’européenne. On est bien. On est très bien.

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Les « empanadas », c’est une institution en Argentine… Autant que la baguette en France… Vous voyez ? Ces petits chaussons sont fourrés de 1001 façons…

En sortant, nous débouchons sur une place pleine de terrasses de café ; c’est un brin touristique comme le prouve les danseurs de tango qui assurent l’animation, mais j’aime quand même l’endroit. En rentrant de San Telmo, nous tombons sur plusieurs cafés qui auraient eu leur place dans le Paris de la Belle Epoque.

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François s’est fait à l »Amérique du Sud très rapidement. Pourtant, dans les premières heures, le charme n’avait pas opéré…

Nous décidons de nous attarder dans ce qui serait un petit « PMU » en France. Nous prenons un verre de vin que l’on nous serre dans un « sceau ». Bon en fait, on prend un verre mais le verre est haut et large… Pour 1 euro à 2, nous venons de prendre une petite cuite sans nous en rendre compte.

On passera pas mal de temps à profiter de tous ces charmants petits bars, qui seront à chaque fois des scènettes de vie uniques. On s’y arrête évidemment pour y bouquiner. On est décidément très bien dans cette ville très européenne. La ville est peuplée de descendants d’Espagnols et d’Italiens. Un sacré mélange d’épicuriens !

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Le quartier de San Telmo nous a charmé !

 

La  Boca, c’est tout comme le HAC sauf qu’ y a du jaune… 

Impossible pour les fans de foot que nous sommes de venir à Buenos Aires sans aller faire une petite visite dans le quartier de la Boca. Les guides vous déconseillent de vous y rendre à pied depuis le quartier du Retiro ; le quartier de la Boca n’étant pas le plus sûr de la ville à priori.

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On décide de le faire quand après avoir étudié la carte. En fait, le quartier soit-disant « craignosse »  se situe de l’autre côté du stade.

Arrivés aux abords du stade, l’endroit est très touristique et très coloré. L’air est saturé de fumée de barbecue (dans ce pays c’est une obsession).

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Ce pèlerinage footballistique n’est pas sans déplaire à mon bon ami…

On passe notre tour pour la visite de la Bombonera, nous les stades ont y va quand ils sont pleins (on fait une exception pour le HAC qui n’est n’est jamais bien plein mais ça c’est une autre histoire). L’occasion de penser à notre cher club qui ne semble pas vivre sa meilleure saison (comme d’habitude mais ça aussi c’est une autre histoire).

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La Bombonera, un des stade mythique d’Amérique du Sud

Juste à côté du stade, se situe un quartier très haut en couleurs et en tourisme. Ici les danseurs de tango sont légions. Des touristes du monde entier se pressent dans les quelques rues qui leur sont dédiées. Tous ces touristes sont venus eux en bus privés. On peut évidemment acheter des souvenirs à tous les coins de rue. Même si c’est un peu surfait, la ballade n’est pas désagréable et sur le chemin du retour nous avons pu admirer les plus beaux tags de Buenos Aires.

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François étant né dans un garage Renault. Il est heureux de voir encore toutes ces vieilles Renault 11 rouler dans la ville. Rouler en Renault 11 semble être un art de vivre en Argentine , comme peut l’être le « pot de yaourt » en Italie ou la 2CV en France.

Nous passons également devant la célébrissime Mafalda, connue dans le monde hispanophone et par tous ceux qui ont fait espagnol au collège. Quino, le créateur de cette BD est argentin !

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Mafalda, vous vous en souvenez ?

 

Dans l’enfer de la monnaie Argentine!

Pour tous ceux qui projettent un roadtrip dans ce fabuleux pays, une chose est à savoir : payer sera un casse-tête constant. Ne pensez pas pouvoir payer en carte facilement, ici tout se paie en cash. Même quand les magasins ont l’appareil à carte bleue, souvent c’est 20 à 30% moins cher si vous payez en liquide.

Comme on ne peut pas compter sur les distributeurs, deux solutions s’offrent à nous pour obtenir les précieux billets : changer les dollars et euros que nous avons sur nous ou utiliser Azimo ; l’équivalent de Western Union.

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Le parlement argentin reste un des plus beaux bâtiments de la ville

Nous sommes passés par AZIMO. Nous nous sommes donc envoyé de l’argent en grande quantité pour être tranquille tout le temps de l’Argentine. On a comme même croisé les doigts pour ne pas se faire dévaliser jusqu’à la fin de notre périple argentin. Cette technique nous a valu une petite balade dans une partie de BA (Buenos Aires) qui n’est pas dans les guides. Le bureau de retrait se situe en effet tout prêt du quartier juif orthodoxe ! L’occasion de réaliser que la communauté juive est très importante dans cette ville. Ici les femmes portent des robes longues et dissimulent leur cheveux. Une autre ambiance, une sorte de voyage dans le voyage.

Une fois les centaines de billets cachés sur nous (on a rempli notre sac à dos de billets en échangeant simplement 400 euros), nous rentrons mais pas sans faire un petit stop dans un café juif qui nous sert un petit chocolat chaud casher évidemment ! On peut se le permettre maintenant on a des liquidités. Un peu trop d’ailleurs.

Coiffure expresse !

Après huit mois de voyage, mes cheveux commençaient à sérieusement fatiguer. Il faut dire qu’on trouve partout les grandes marques de produits de beauté mais les produits spécifiques beaucoup moins.

Je décide donc de me faire couper les cheveux dans un petit salon près de notre hôtel ; le premier à m’inspirer confiance. La bonne nouvelle, c’est que je n’ai pas payé cher du tout (3 euros). La mauvaise, c’est que la coupe s’est faite en 2 min et que la coiffeuse regardait la télé en la faisant. D’ailleurs en rentrant à la chambre, François croyait que j’avais oublié mon argent, il pensait que j’en avais pour l’après-midi. Ca faisait bien longtemps que je n’avais pas eu aussi peu de masse capillaire sur la tête !

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Bon sur la photo, ça passe…

 

Erreur de trajectoire !

Pendant cette semaine à Buenos Aires, on s’est un peu laissés vivre et pour cause !  La ville invite plus aux promenades qu’aux visites intensives. Le dernier jour, on se décide, enfin, à aller visiter le cimetière de La Recoleta. Très célèbre et parait-il très beau,  l’endroit nous tentait bien.  C’était sans compter avec mon sens de l’orientation. Depuis le début du voyage, il faut dire que c’est François qui est le GPS de notre couple. De temps en temps, quand il en avait marre, il m’est arrivé de prendre le relais. Cette fois ne fut pas un franc succès. Je me suis trompée de station de métro, nous offrant ainsi une heure de visite du sous sol de la ville pour rien. Ça me permet par contre de vous dire que le métro de Buenos Aires est très très …bien.  Toujours est-il que l’on arrive enfin près du cimetière, c’est pour nous rendre compte qu’il est sur le point de fermer.

Nous nous rabattons donc sur la visite de la plus célèbre librairie de la ville : El Ateneo.

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El Ateneo, plus un lieu touristique qu’une vraie librairie comme je les aime. La Galerne commence vraiment à nous manquer…

Installée dans un ancien théâtre, le décor ne manque pas de panache. Néanmoins, l’offre de livres m’a paru plutôt limitée ; difficile de trouver un vendeur pour vous conseiller. Ce fut également l’occasion de découvrir le Barrio Norte, quartier plein de charme abritant de nombreuses boutiques.

Alors cette semaine à Buenos Aires ?

En une semaine nous avons beaucoup marché, beaucoup flâné. Pour les amoureux de beaux monuments, de belles places… de beau tout court, BA n’est pas une ville incontournable. De cette ville, nous gardons le souvenir de l’énorme décalage que nous avons ressenti après quatre mois dans la tranquille Océanie. Et surtout nous avons adoré nous laisser porter par l’ambiance de la ville.

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On n’est pas sans revenir à BA !

Cet article sur BA pourrait être bien plus long. Je ne vais pas vous décrire tous nos petits cafés en terrasse, tous nos petits restaurants, nos déambulations dans les lieux touristiques de la ville. Si vous vous sentez l’âme d’un capteur d’ambiance alors cette ville peut vous plaire.

Ce qui nous a charmé, c’est ce qu’ici on appelle la « Buena Onda » – la Bonne Onde. Ce n’est pas la douceur de vivre à proprement parler car la pauvreté omniprésente nous rappelle la violence de cette société. En revanche, on sent qu’à la moindre occasion les Argentins ont la culture du bon moment et du petit café en terrasse. A oui et j’oubliais, ici on mange et on boit très bien pour pas trop cher. Après 4 mois de « fish and chips » et de burgers trop gras en Océanie, tout cela n’a pas de prix.

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Le Quartier des Affaires ! Encore un endroit où il fait bon flâner…

EBM

2 commentaires sur « EPISODE 1 : BUENOS DIAS BUENOS AIRES ! »

  1. « Avec le recul, tous ces hôtels rudimentaires nous ont forgés nos souvenirs les plus croustillants. Il faut bien le dire, qu’est ce qu’on s’ennuie dans un 4 étoiles… »
    J’adore cette phrase!!!!!
    En cette période de confinement, une bonne phrase me fera la journée 😉

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